Hambourg, 1891. Brahms a cinquante-huit ans, et il a décidé d’arrêter de composer. Il le dit, il le répète. Personne ne le croit vraiment, mais lui, si. Puis il entend Richard Mühlfeld. Le clarinettiste joue ce soir-là avec une douceur et une profondeur qui désarment le vieux maître. Quelque chose se rouvre.
En trois ans, Brahms écrit pour lui quatre œuvres, dont deux sonates. Ce sont parmi ses dernières pages. Elles portent cette lumière particulière des fins d’après-midi d’automne – chaudes, un peu mélancoliques, étrangement apaisées. En 1895, il les retravaille pour l’alto. L’instrument lui va mieux encore, peut-être. Ses graves ont cette couleur sombre et dorée que Brahms cherchait. Dans ce concert, Paul Zientara et Arthur Hinnewinkel reprennent ce chemin. Entre les deux sonates, quelques lieder, dont le Wiegenlied, berceuse que le monde entier connaît sans toujours savoir que c’est lui qui l’a écrite. Et pour finir, le Scherzo de la Sonate FAE, clin d’œil à une autre amitié, une autre époque. Brahms dans toute sa splendeur tardive. De nouveaux talents pour l’incarner.
Opéra Orchestre National Montpellier