L’exil, c’est la musique qui ne trouve pas de patrie, ou qui en invente une nouvelle. Troisième volet de cette série engagée, le concert placé sous la direction inspirée de George Jackson réunit le Chœur et l’Orchestre national Montpellier Occitanie autour de pages tour à tour déchirantes et lumineuses.
On y croise des destins fracassés : Andrzej Panufnik dédie son Katyń Epitaph aux victimes du massacre de 1940 ; Arnold Schoenberg écrit Friede auf Erden comme un vœu pacifiste impossible. La flûtiste Ana de la Vega donne vie au Concerto pour flûte d’Elżbieta Sikora – création en co-commande, où la virtuose dialogue avec un orchestre aux couleurs contemporaines. Julius Eastman célèbre Jeanne d’Arc dans une transe minimaliste, tandis que Franz Schreker, persécuté par le régime nazi, laisse entendre son Schwanengesang, chant du cygne élégiaque. Isang Yun, Coréen enlevé en 1967 par les services secrets de la dictature sud-coréenne, déploie son Tapis pour cordes ; Malek Jandali, Syrien en exil, clame Freedom ; Kareem Roustom, d’origine palestinienne, fait danser le Dabke traditionnel. Une soirée grave, fiévreuse, nécessaire.